Dans le Médoc, les stations de la côte vivent au rythme de l'été : Lacanau, Carcans, Hourtin, Montalivet ou Soulac accueillent chaque année de nombreux vacanciers. Louer sa maison ou un logement aux touristes peut couvrir une bonne partie de ses charges. Encore faut-il respecter les démarches, connaître la fiscalité et anticiper les nouvelles obligations.
Qu'est-ce qu'un meublé de tourisme ?
Un meublé de tourisme est une villa, un appartement ou un studio meublé, à l'usage exclusif du locataire, loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, pour une courte durée : à la journée, à la semaine ou au mois, sans dépasser 90 jours consécutifs avec le même client.
Il se distingue de la chambre d'hôtes, où le propriétaire accueille ses hôtes chez lui et sert le petit-déjeuner, et de la location meublée classique, qui constitue la résidence principale du locataire.
Les démarches avant de louer
La déclaration en mairie
Tout meublé de tourisme doit être déclaré à la mairie de la commune où il se trouve. La loi Le Meur généralise un numéro d'enregistrement, obtenu par un téléservice, qui doit figurer sur chaque annonce. Les plateformes de réservation doivent l'afficher sur les annonces qu'elles publient.
Résidence principale : 120 jours maximum
Si vous louez votre résidence principale, c'est-à-dire le logement que vous occupez au moins huit mois par an, la location est limitée à 120 jours par an. Depuis la loi Le Meur, la commune peut abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours.
Résidence secondaire : vérifier les règles locales
Pour une résidence secondaire, il n'y a pas de plafond de jours au niveau national. Mais certaines communes, en particulier celles où le logement est rare, soumettent la location saisonnière à une autorisation de changement d'usage, voire à des quotas. Interrogez la mairie avant d'acheter un bien destiné à la location.
La copropriété
Si le logement est en copropriété, lisez le règlement de copropriété : il peut limiter ou interdire les locations de courte durée. La loi Le Meur a facilité l'adoption de telles restrictions par l'assemblée générale dans certains immeubles.
Le classement : un choix devenu stratégique
Le classement de 1 à 5 étoiles est facultatif. Il est attribué après une visite d'un organisme accrédité, sur la base d'une grille de critères (équipements, surface, services), et vaut cinq ans. Longtemps considéré comme un simple label, il est devenu un levier fiscal majeur depuis la loi Le Meur.

La fiscalité en 2026
Les revenus d'un meublé de tourisme relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Deux régimes existent.
Le micro-BIC
Vous déclarez vos recettes, et l'administration applique un abattement forfaitaire censé couvrir vos charges. Depuis l'imposition des revenus 2025 :
| Type de meublé | Abattement | Plafond de recettes |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme classé | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € |
| Chambre d'hôtes | 50 % | 77 700 € |
Avant la réforme, les meublés non classés bénéficiaient de 50 % jusqu'à 77 700 €, et les classés de 71 % jusqu'à 188 700 €. Pour un logement non classé, l'avantage fiscal a donc nettement diminué.
Le régime réel
Au-delà des plafonds, ou sur option, vous déclarez vos charges réelles : intérêts d'emprunt, frais de gestion, assurance, taxe foncière, entretien, et l'amortissement du bien et du mobilier. Ce régime est souvent plus avantageux lorsque les charges sont importantes, mais il demande une comptabilité, généralement confiée à un expert-comptable.
Exemple
Un propriétaire encaisse 12 000 € de loyers saisonniers dans l'année.
- Non classé : revenu imposable = 12 000 € × 70 % = 8 400 €.
- Classé : revenu imposable = 12 000 € × 50 % = 6 000 €.
Ce revenu s'ajoute à ses autres revenus pour le calcul de l'impôt et des prélèvements sociaux. Un classement peut donc réduire sensiblement la facture fiscale.
La taxe de séjour
Le loueur collecte la taxe de séjour auprès des vacanciers et la reverse à la commune ou à l'intercommunalité. Son montant dépend du classement et des tarifs votés localement. Lorsque la réservation passe par une plateforme, celle-ci collecte et reverse généralement la taxe à votre place : vérifiez-le dans votre espace propriétaire.
Le DPE et les meublés de tourisme
La loi Le Meur introduit progressivement des exigences de performance énergétique pour les meublés de tourisme. Dans les communes qui soumettent la location saisonnière à autorisation, un niveau minimal de DPE est exigé pour les nouvelles autorisations, et la loi prévoit qu'à partir de 2034, les meublés de tourisme soient classés entre A et D. Notre article sur le DPE et la location détaille le calendrier applicable aux locations à l'année.
Bien préparer sa location
Le contrat et l'état des lieux
Rédigez un contrat de location saisonnière écrit, précisant les dates, le prix, le dépôt de garantie, les charges et la description du logement. Un état descriptif du meublé doit être remis au client. Réalisez un état des lieux à l'arrivée et au départ.
L'assurance
Prévenez votre assureur habitation : une location saisonnière n'est pas toujours couverte par un contrat classique. Une extension ou un contrat spécifique peut être nécessaire, et vérifiez que vos locataires disposent d'une responsabilité civile villégiature.
La sécurité
Détecteur de fumée, consignes en cas d'incendie de forêt et d'orages, numéros d'urgence, informations sur les baïnes et les plages surveillées : un livret d'accueil complet rassure les vacanciers et limite les incidents. Notre article sur les baïnes peut être partagé avec vos hôtes.
Calculer la rentabilité
Avant d'acheter pour louer, comparez les recettes attendues sur la saison, souvent concentrée sur juillet et août dans le Médoc, avec l'ensemble des charges : ménage et linge, commissions des plateformes, taxe foncière, assurance, énergie, entretien et impôts. Notre simulateur de rentabilité locative calcule le rendement brut et net et le cash-flow mensuel à partir de vos chiffres.

La saison dans le Médoc
Sur la côte médocaine, la demande se concentre sur juillet et août, avec des ailes de saison au printemps et en septembre, notamment pour le surf, le vélo et les ponts de mai. Hors saison, certaines communes de la côte se vident, mais d'autres clientèles existent : curistes, travailleurs saisonniers des vendanges, visiteurs des châteaux viticoles, sportifs. Adapter ses prix et ses durées minimales de séjour selon la période permet de mieux remplir le calendrier.
Gérer soi-même ou déléguer ?
| Option | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Gestion par le propriétaire | Pas de commission, contact direct avec les vacanciers | Disponibilité pour les arrivées, le ménage et les imprévus |
| Conciergerie | Gestion des clés, du ménage et du linge | Commission sur les loyers |
| Agence immobilière | Gestion complète, connaissance du marché local | Commission plus élevée |
| Plateformes de réservation | Grande visibilité | Commissions, dépendance aux règles de la plateforme |
Les équipements attendus
Les vacanciers comparent les annonces sur quelques critères : literie de qualité, cuisine équipée, lave-linge, extérieur avec table et transats, parking, connexion internet, et proximité de la plage ou des pistes cyclables. Un abri sécurisé pour les vélos et un local pour les planches de surf sont des atouts recherchés sur la côte. La grille de classement liste aussi les équipements exigés pour chaque niveau d'étoiles.
Questions fréquentes
Faut-il un contrat écrit pour une location saisonnière ?
Oui, c'est fortement recommandé, et l'état descriptif du logement doit être remis au client. Le contrat précise les dates, le prix, les charges, le montant des arrhes ou de l'acompte et les conditions d'annulation.
Peut-on louer une chambre de sa maison ?
Oui. Si vous fournissez le petit-déjeuner et accueillez vos hôtes chez vous, il s'agit d'une chambre d'hôtes, soumise à une déclaration en mairie et à des règles propres. Sans prestations, la location d'une partie de sa résidence principale relève d'autres règles fiscales.
Les revenus de location saisonnière sont-ils soumis aux prélèvements sociaux ?
Oui, pour un loueur non professionnel, les bénéfices de location meublée sont soumis aux prélèvements sociaux en plus de l'impôt sur le revenu. Le taux applicable dépend de la nature des revenus : vérifiez-le sur votre avis d'imposition ou auprès d'un expert-comptable.
Faut-il déclarer une location occasionnelle de sa résidence principale ?
Oui, toute location de meublé de tourisme doit être déclarée en mairie, y compris celle de la résidence principale quelques semaines par an.
À partir de quand devient-on loueur professionnel ?
Le statut de loueur en meublé professionnel s'applique lorsque les recettes annuelles dépassent 23 000 € et excèdent les autres revenus d'activité du foyer. Il entraîne notamment l'affiliation au régime social des indépendants.
Le classement coûte-t-il cher ?
La visite de classement est payante et son tarif est libre selon l'organisme. Comparez ce coût à l'économie d'impôt attendue grâce à l'abattement de 50 %.
Peut-on louer une maison en zone de risque d'incendie ?
Oui, mais le bailleur doit informer les locataires des risques connus et respecter l'obligation de débroussaillement si le terrain y est soumis.
En résumé
Déclarez votre meublé en mairie, vérifiez les règles de votre commune et de votre copropriété, envisagez le classement pour conserver l'abattement de 50 % et anticipez les exigences de DPE. Notre guide Louer en saisonnier rassemble les modèles de contrat, d'état des lieux et de livret d'accueil.
Sources et références
- Service-public.fr — Location d'un meublé de tourisme — www.service-public.gouv.fr
- Optimhome — Location meublée touristique 2026, ce que change la loi Le Meur — www.optimhome.com
- Atout France — Classement des meublés de tourisme — www.classement.atout-france.fr



