Dans le Médoc, les pluies sont abondantes en automne et en hiver, mais les étés sont de plus en plus secs. Stocker l'eau de la saison humide pour l'utiliser au jardin en été est donc une idée de bon sens, économique et écologique.

Les différents types de cuves

TypeVolume courantAvantagesInconvénients
Cuve aérienne simple200 à 500 litresPeu chère, posée en quelques minutesPetit volume, visible
Cuve aérienne décorative ou murale300 à 1 000 litresS'intègre mieux, gain de placePlus chère au litre
Cuve de grand volume hors sol1 000 à 5 000 litresBon rapport volume-prixEncombrante
Cuve enterrée3 000 à 10 000 litres et plusInvisible, eau au frais, gros volumeTerrassement, pompe, coût élevé

Une cuve opaque évite le développement des algues, et un couvercle empêche les moustiques de pondre, les feuilles d'entrer et les enfants de tomber dedans.

Calculer le volume nécessaire

La quantité d'eau récupérable dépend de trois éléments :

  • la surface de toiture au sol raccordée à la gouttière, en m² ;
  • la pluviométrie annuelle, de l'ordre de 900 mm par an dans la région bordelaise selon les normales de Météo-France ;
  • un coefficient qui tient compte des pertes, environ 0,8 pour une toiture en tuiles.

Exemple : 100 m² × 0,9 m × 0,8 = environ 72 m³ par an, soit 72 000 litres. Mais la pluie tombe surtout en automne et en hiver : la cuve sert à faire le tampon entre les averses de printemps et les besoins d'été. Pour un potager familial, une cuve de 1 000 à 3 000 litres est souvent un bon compromis ; pour un grand jardin, une cuve enterrée prend tout son sens.

Installer un récupérateur

  1. Choisir l'emplacement : au pied d'une descente de gouttière, sur un sol plat et stable, près des zones à arroser.
  2. Poser un socle : un réservoir de 1 000 litres pèse une tonne une fois plein.
  3. Installer un collecteur filtrant sur la descente : il dévie l'eau vers la cuve et laisse passer le surplus vers l'évacuation quand elle est pleine.
  4. Prévoir un trop-plein dirigé loin des fondations de la maison.
  5. Surélever la cuve pour remplir un arrosoir au robinet, ou ajouter une petite pompe.

Quels usages sont autorisés ?

L'eau de pluie n'est pas potable : elle ne doit jamais être bue ni servir à cuisiner ou à se laver.

  • À l'extérieur : arrosage du jardin et du potager, lavage de la voiture ou des outils, nettoyage des terrasses. C'est l'usage le plus simple.
  • À l'intérieur : l'alimentation des toilettes, le lavage des sols et le lavage du linge sont possibles, mais strictement encadrés : réseau totalement séparé de l'eau potable, sans aucun raccordement possible au réseau public, robinets identifiés et points de puisage signalés « eau non potable », et déclaration en mairie du récupérateur raccordé. Ces installations sont à confier à un professionnel.
Arrosoir en métal arrosant des plants de courgettes

Restrictions d'eau : ce qu'il faut savoir

En période de sécheresse, la préfecture peut prendre des arrêtés de restriction limitant l'arrosage, le lavage des voitures ou le remplissage des piscines. Ces restrictions visent l'eau du réseau et des prélèvements dans le milieu naturel. L'utilisation de l'eau de pluie stockée est en général plus souple, mais vérifiez les termes de l'arrêté en vigueur sur VigiEau.

Entretenir sa cuve

  • Nettoyer le filtre du collecteur plusieurs fois par an, surtout à l'automne avec la chute des feuilles et des aiguilles de pin.
  • Vider et rincer la cuve une fois par an pour éliminer les dépôts.
  • Vérifier le couvercle contre les moustiques, dont le moustique tigre, qui pond dans les petites eaux stagnantes.
  • Avant l'hiver, vidanger partiellement une cuve aérienne et purger les robinets pour éviter les dégâts du gel.

Arroser malin

Une réserve d'eau ne sert que si elle est bien utilisée : arrosez tôt le matin, au pied des plantes, paillez le sol et choisissez des végétaux adaptés. Nos articles sur le potager en climat océanique et les plantes résistantes à la sécheresse complètent ces conseils.

Choisir le bon matériau

  • Polyéthylène : léger, économique, facile à installer, à choisir opaque et traité contre les UV pour une cuve aérienne.
  • Béton : pour les cuves enterrées, il neutralise l'acidité naturelle de l'eau de pluie, mais demande une installation par un professionnel.
  • Bois ou habillages décoratifs : ils cachent une cuve en plastique et l'intègrent dans le jardin.

Quel que soit le matériau, vérifiez que la cuve est conçue pour un usage en extérieur et prévue pour stocker de l'eau.

Questions fréquentes

Peut-on remplir une piscine avec l'eau de pluie ?

C'est techniquement possible, mais le volume nécessaire est important et l'eau doit être traitée. En période de sécheresse, vérifiez les règles de l'arrêté préfectoral en vigueur.

Où placer la cuve par rapport aux gouttières ?

Au plus près d'une descente, en choisissant de préférence celle qui collecte la plus grande surface de toiture.

Faut-il une autorisation pour installer un récupérateur d'eau de pluie ?

Non pour une cuve servant seulement au jardin. Un récupérateur raccordé au réseau intérieur de la maison doit en revanche être déclaré en mairie, et la commune peut contrôler l'installation.

L'eau de pluie est-elle bonne pour les plantes ?

Oui, elle est généralement peu calcaire et à température ambiante, ce que la plupart des plantes apprécient.

En résumé

Choisissez une cuve opaque et fermée, dimensionnée selon votre toiture et vos besoins, réservez l'eau de pluie à l'arrosage et au nettoyage, et confiez tout usage intérieur à un professionnel. Notre fiche Entretien saison par saison rappelle quand nettoyer gouttières et filtres.

Sources et références

  • Service-public.fr — Récupération de l'eau de pluie — www.service-public.gouv.fr
  • VigiEau — Restrictions d'eau — vigieau.gouv.fr
  • Météo-France — Le climat en France — meteofrance.com